Comparatif pays · 2026
Portugal vs France, Espagne, Dubaï :où créer sa société en 2026 ?
Le Portugal a durci sa fiscalité ces dernières années : il n'est plus le « paradis » qu'on vous vend parfois. Mais la vraie question n'est pas de courir après le taux d'impôt le plus bas. Le critère qui décide de tout, c'est où vous vivez réellement et d'où vous dirigez l'activité. Voici un comparatif honnête, chiffres donnés en ordres de grandeur, à valider avec un fiscaliste, et l'alerte que peu de prestataires vous donnent.
75+ entrepreneurs accompagnés depuis 2025 · Lisbonne, Portugal
Avant de comparer les taux
Le vrai critère : où vivez-vous ?
On vous vendra toujours un taux d'impôt attractif quelque part. Mais une société n'est imposable « là-bas » que si elle y est réellement dirigée et y dispose d'une substance économique. Pour un résident fiscal français, l'adresse du siège ne change rien si les décisions, le travail et la valeur sont produits depuis la France : le fisc regarde la réalité, pas le papier. Avant de choisir un pays, posez-vous d'abord ces questions.
Le comparatif
Quatre destinations, quatre logiques différentes
Les chiffres ci-dessous sont des ordres de grandeur indicatifs pour 2026, à confirmer avec un fiscaliste selon votre cas. Ils ne disent pas « où payer le moins » : ils éclairent le type de profil pour lequel chaque pays a du sens.
| Pays | Impôt sociétés | Charges / TVA | Substance requise | Pour qui |
|---|---|---|---|---|
| Portugal (UE) | IRC 19 % (15 % PME sur les premiers 50 000 €) | IVA 23 % · charges patronales modérées | Substance réelle nécessaire (direction, activité) | Qui s'installe vraiment au Portugal et y vit |
| France (UE) | IS 25 % | TVA 20 % · charges patronales élevées (≈ +42 % indicatif) | Marché et activité domestiques | Qui vit, travaille et vend en France |
| Espagne (UE) | IS 25 % (taux réduit 15 % pour les nouvelles sociétés, ~2 premières années) | IVA 21 % | Substance réelle nécessaire | Qui s'installe en Espagne ou y a son marché |
| Dubaï / EAU (hors UE) | Corporate Tax 9 % au-delà d'un seuil (~375 000 AED) | Pas d'équivalent TVA UE (VAT 5 %) | Substance réelle exigée, et hors UE | Qui s'expatrie réellement aux EAU (risque CFC fort pour un résident français) |
Lecture honnête : un taux bas ne « gagne » pas la comparaison. Une société à 9 % à Dubaï pilotée depuis Paris peut finir imposée en France, majorée d'intérêts et de pénalités. Le bon pays est celui où votre vie et votre activité sont réellement implantées.
Portugal
UE · IRC 19 %- Impôt sociétés
- IRC 19 %, taux réduit 15 % pour les PME sur les premiers 50 000 € de bénéfice imposable.
- TVA
- IVA standard à 23 %.
- Substance
- Substance réelle nécessaire : direction et activité sur place. Membre de l'UE, conventions fiscales étendues.
France
UE · IS 25 %- Impôt sociétés
- IS à 25 %.
- Charges & TVA
- Charges patronales élevées (≈ +42 % indicatif sur le brut), TVA à 20 %.
- Pertinence
- Logique pour un marché et une activité domestiques : vos clients et votre vie sont en France.
Espagne
UE · IS 25 %- Impôt sociétés
- IS à 25 %, avec un taux réduit de 15 % pour les nouvelles sociétés sur leurs ~2 premières années bénéficiaires.
- TVA
- IVA à 21 %.
- Substance
- Substance réelle nécessaire. Membre de l'UE, proche logistiquement du marché ibérique.
Dubaï / EAU
Hors UE · CT 9 %- Impôt sociétés
- Corporate Tax à 9 % au-delà d'un seuil de bénéfice (~375 000 AED).
- TVA
- Pas d'équivalent à la TVA UE ; une VAT locale de 5 % s'applique.
- Le point critique
- Substance réelle exigée et juridiction hors UE. Pour un résident fiscal français, le risque de société étrangère contrôlée et d'établissement stable est majeur (voir l'alerte ci-dessous).
À lire avant tout
Alerte CFC & établissement stable
C'est le point que beaucoup de vendeurs de « société offshore » passent sous silence. Si vous êtes résident fiscal français et que vous créez une société à l'étranger pilotée depuis la France, vous vous exposez à deux mécanismes qui peuvent ramener l'imposition en France, quel que soit le taux affiché ailleurs.
Le premier : le régime des sociétés étrangères contrôlées (CFC), prévu à l'article 209 B du CGI, qui vise les structures établies dans des pays à fiscalité privilégiée et contrôlées depuis la France. Le second : la notion d'établissement stable et de siège de direction effective, si les décisions sont réellement prises en France, l'activité peut y être rattachée et imposée.
- Une société à 9 % à Dubaï dirigée depuis la France peut être requalifiée et imposée en France, avec intérêts de retard et pénalités.
- La « substance réelle » (bureaux, salariés, décisions, présence) est exigée, à Dubaï particulièrement. Une simple adresse ne suffit pas.
- Le montage « je vis en France mais ma société est ailleurs » est précisément ce que ces règles visent à neutraliser.
- La seule façon saine de bénéficier d'une fiscalité étrangère est d'y transférer réellement sa résidence fiscale et son activité.
Sans survente
Pourquoi le Portugal reste pertinent (pour les bonnes raisons)
Le Portugal n'est plus un paradis fiscal, et c'est tant mieux : la pertinence vient aujourd'hui de la cohérence du projet, pas d'un taux miracle. Pour qui s'installe réellement à Lisbonne ou Porto, y vit, y dirige son activité, y a sa substance, le Portugal offre un cadre solide et lisible.
Membre de l'UE : libre circulation, marché unique, conventions fiscales étendues, pas de problématique « hors UE ».
IRC à 19 %, avec 15 % pour les PME sur les premiers 50 000 €, compétitif sans être un montage agressif.
Capital social d'une Unipessoal Lda ou d'une Lda à partir de 1 € par associé : création accessible.
Qualité de vie, langue accessible, communauté francophone : la « substance » réelle s'y installe sans douleur.
Le bon réflexe : choisir le Portugal parce qu'on y vit, pas parce qu'on cherche à échapper au fisc de son pays de résidence.
Pour aller plus loin
Les pages utiles avant de décider
Questions fréquentes
Ce qu'on me demande sur le choix du pays
- Quel est le meilleur pays de l'UE pour créer sa société en 2026 ?
- Il n'y a pas de « meilleur » pays dans l'absolu : le bon pays est celui où vous vivez et dirigez réellement l'activité. Au sein de l'UE, le Portugal (IRC 19 %, 15 % pour les PME sur les premiers 50 000 €) est compétitif face à la France et l'Espagne (IS 25 %), mais ce taux n'a de sens que si votre substance est sur place. Le critère décisif reste votre résidence fiscale, pas le taux affiché.
- Peut-on créer une société à Dubaï tout en vivant en France ?
- C'est juridiquement possible, mais c'est précisément le montage le plus risqué pour un résident fiscal français. Une société à Dubaï pilotée depuis la France expose au régime des sociétés étrangères contrôlées (article 209 B du CGI) et à la requalification en établissement stable ou siège de direction effective : l'activité peut alors être imposée en France, avec intérêts et pénalités. Dubaï n'a de sens que si vous y transférez réellement votre résidence et votre activité, avec une substance réelle. À valider impérativement avec un fiscaliste.
- Portugal ou France : que choisir ?
- Si votre vie, vos clients et votre activité sont en France, la France reste la réponse logique malgré l'IS à 25 % et des charges élevées : créer ailleurs ne ferait que créer du risque. Si vous vous installez réellement au Portugal, y vivre, y diriger, y produire la valeur, le Portugal devient cohérent, avec un IRC à 19 % et l'appartenance à l'UE. Ce n'est pas un arbitrage de taux, c'est un choix de lieu de vie.
- Un taux d'impôt plus bas suffit-il à justifier le choix d'un pays ?
- Non. Un taux bas affiché ailleurs ne vous protège pas si l'activité est réellement dirigée depuis votre pays de résidence : elle peut y être rattachée et imposée. Le coût total intègre aussi la substance à mettre en place, la conformité, le risque de contrôle et la double imposition. Le taux n'est qu'un paramètre parmi d'autres.
- Le Portugal est-il encore intéressant fiscalement en 2026 ?
- Le Portugal a durci sa fiscalité (fin du RNH classique, IFICI plus restrictif qui exclut les retraités et n'est souvent pas ouvert aux nomades à clientèle 100 % étrangère). Il reste pertinent pour qui s'y installe vraiment : IRC à 19 %, 15 % pour les PME sur les premiers 50 000 €, appartenance à l'UE, qualité de vie. Mais ce n'est plus un paradis fiscal, et c'est une bonne nouvelle pour la sécurité juridique de votre projet.
Avertissement
Cette page a une vocation informative et de comparaison générale ; elle ne constitue pas un conseil juridique, comptable ou fiscal personnalisé. Les taux et seuils cités (IRC, IS, IVA/TVA, Corporate Tax, charges) sont des ordres de grandeur indicatifs, à jour en 2026 et susceptibles d'évoluer selon les lois de finances de chaque pays. La situation d'un résident fiscal français créant une société à l'étranger dépend de règles complexes (article 209 B du CGI, établissement stable, conventions fiscales) qui s'apprécient au cas par cas. Business Portugal est consultante en création et implantation, et non cabinet d'avocats ou de fiscalité : pour toute décision, faites valider votre cas par un fiscaliste. Prenez rendez-vous pour cadrer votre projet.
Parlons de votre projet, pas d'un taux
Un premier échange gratuit et sans engagement pour cadrer où vous vivez, où vous dirigez l'activité et quelle structure tient la route. On regarde votre situation honnêtement, et si un fiscaliste est nécessaire, on vous met en relation avec le bon partenaire.
Sans engagement · Mise en relation · Lisbonne, Portugal